Interview : "Lumière, Lumières", la direction artistique du Pavillon France

Découvrez l'interview de Jean-Marie Priol, porte-parole et directeur artistique du groupement Immersive(s) (Museum Manufactory, SNAIK, dUCKS sceno), qui a conçu la scénographie du Pavillon France Dubaï 2020

  • Quels sont les grands principes de la scénographie du Pavillon France ?

La scénographie du pavillon est une immersion dans la lumière, l’image et le son, un espace-temps où l’architecture s’efface au profit de la sensation.

Structurée en triptyque, la première expérience du visiteur est d’abord une émotion pure. Il est littéralement baigné dans des univers lumineux sonores.

Le deuxième temps, est plus exploratoire, articulé autour d’un dispositif « rayonnant », le visiteur est invité à explorer les thématiques développées par le pavillon.

Enfin, le dernier temps est celui de la découverte et du voyage en France à travers le spectre du sujet principal de la mobilité.

Cette matière lumière qui traverse l’entièreté de la scénographie du pavillon oscille au gré du temps, des présences ou encore des évènements. Elle vit et palpite tout au long de la vie du pavillon.

 

  • A Dubaï, les nouvelles technologies et la transformation numérique seront au cœur des échanges, comment la scénographie du Pavillon France reflètera cette dimension ?

La scénographie du pavillon est en fait un gigantesque dispositif de lumières en interaction avec son environnement. Il réagira aux passages des visiteurs, au climat extérieur, au pic de visites ou aux évènements qui s’y dérouleront.

La technologie aujourd’hui est omniprésente, c’est un fait, mais nous croyons qu’elle doit faciliter le temps des rencontres et des échanges.

Nous pensons que la France se doit d’éclairer le monde, comme un phare, elle doit promouvoir les technologies dans l’esprit des « lumières », c’est ce que nous avons voulu traduire dans la scénographie.

 

  • En quoi le thème « Lumière, Lumières » a été une source d’inspiration pour vous ?

Qu’il y a-t-il de plus universel que la lumière ? On peut être sensible à un coucher de soleil n’importe où sur le globe et quelle que soit sa culture.

Notre avons choisi de placer la lumière comme chef d’orchestre de la scénographie, elle est le point de départ des toutes les intentions créatives du projet.

A partir de là, nous nous sommes racontés l’histoire d’un voyage dans la lumière, de l’abstraction de la sensation vers les images concrètes de notre pays et des messages à transmettre.

 

  • Quels seront les principaux défis pour mettre en œuvre la scénographie du Pavillon ?

C’est un travail en plusieurs étapes dans un délai très court.

Les projets de pavillon d’exposition universelle sont extrêmement complexes par nature, c’est souvent le lieu d’innovation et cela dans un contexte de mise en œuvre très strict, de surcroît dans un pays étranger.

Le projet scénographique repose, bien évidemment sur nos savoir-faire, mais certains aspects du projet sont particulièrement innovants, notre méthode prévoit de réaliser un certains nombre d’expérimentations, d’essais sur maquette et de réalisation de prototypes afin de garantir le résultat escompté.

Reste enfin sa mise en œuvre sur site, où nous serons en prise directe avec le chantier.

 

  • Comment la scénographie sera-t-elle en lien avec le contenu proposé par le Pavillon France ?

La scénographie s’adapte et se module en écho avec le contenu proposé.

L’iconographie s’inspire des univers des exposants et offre un accompagnement visuel et sonore, abstrait ou concret.

 

  • Quels seront les matériaux utilisés dans cette scénographie et en quoi s’inscrivent-ils dans la démarche durable du Pavillon France ?

Les principaux matériaux envisagés sont la lumière et une grande sculpture qui se déploie dans un paysage de transparences en vibration.

C’est un parti-pris minimaliste, où la majorité des effets sont obtenus par les variations de lumière et les oscillations sonores qui enveloppent le visiteur.

Fortement dématérialisée, la scénographie ne fait que très peu appel aux matériaux durs ayant un forte impact environnemental. Et concernant l’usage des matériels d’éclairages et de projections, tous seront en basse consommation.

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